4ème et dernier article tiré de mon Keynote de #TruSourcing  Recruter sans Budget et sans rien…  (Les 3 premiers articles sont iciet enfin  ). Ce dernier article relate comment et pourquoi j’ai opéré la bascule de l’automatisation.

C’est un soir, Il devait être 22h30, et tout en regardant les tribulations de John Snow et des marcheurs blancs  j’envoyais des mails de contacts à une trentaine de candidats.

Plus précisément je copiais-collais un message d’approche que je personnalisais ou croyais le faire dans ma messagerie Linkedin…

Je déroulais tranquillement mon process avec parfois cette boulette classique de “Cher Bruno” à Alexandra… et une “Chère Clémentine” à Pierre… à coup d’une quinzaine de mails à l’heure… J’étais dans une période de forte activité et ce type mailing occupait régulièrement mes soirées…

Ce qui ne me satisfaisait pas pleinement…

 

Une solution évidente s’offrait à moi sous-traiter cette tâche passionnante à un stagiaire ou un junior, j’en avais un sous la main, après tout… En tant que Directeur Associé avec mes 16 ans d’expérience quoi de plus légitime… Certes oui,…. mais non !!! Intellectuellement cette réponse n’était que peu satisfaisante….

J’envisageai donc d’autres voies… J’avais lors de ma première recherche d’emploi expérimenté le publipostage (action de fusionner un document “gabarit” avec des données variables – à l’image des mailings  de facturation que nous recevons)

Je me mis en quête de regarder ce qui existait… Je trouvais de très nombreuses solutions et commencer ainsi l’expérimentation.

Tout d’abord, assez rudimentaires, j’eu recours à des solutions manuelles, gratuites… qui me permirent de valider la pertinence de l’approche…

Au fil de mes lectures, je découvrais que je pouvais construire des campagnes de mailing, avec des relances… me permettant d’augmenter mes taux de mes retour…  et ainsi de suite.

Bien sûr, tout n’a pas marché du premier coup… il y a eu des campagnes franchement ratées…

Lorsqu’en un clic j’envoie 15 mails, j’ai intérêt à m’assurer que mon “gabarit” est exempt de fautes et que mes champs sont correctement positionnés… L’automatisation amplifie tout : les réussites mais aussi les catastrophes !

Deux ans plus tard, je pilote toutes mes prises des contacts uniquement par séquences – comme je monitore et mesure chacune d’entre elles je peux ajuster mon message, si je considère que la performance n’est pas au rendez-vous, j’ajuste.

J’ai mené un chantier comparable sur l’organisation d’entretien de préqualification et ai fini par incorporer un lien vers mon agenda dans mes prises de contacts : les candidats/prospects accèdent directement à mon calendrier et prennent rendez-vous s’ils sont intéressés d’en savoir plus…

Je peux ainsi me concentrer sur des tâches à plus fortes valeurs ajoutées de mon métier : l’évaluation et l’engagement…

J’ai du en revanche accepter d’ouvrir certaines plages de mon calendrier à tous…

Je consacre un temps important au traitement et à la qualité des données que je collecte. Je consacre un temps tout aussi important à la rédaction de mes mails de contact et template.

Progressivement je suis en mesure de piloter l’ensemble de cette activité

Ce qui me donne des métriques pour conduire mes missions.

Dans les deux cas ces chantiers m’ont demandé du temps, m’ont demandés de remettre en cause mes façons de faire, mes croyances….

La dimension budgétaire n’est intervenu qu’en temps 2,  après les phases de proof of concept…

En 15 ans notre métier a connu une évolution majeur celle du passage de la rareté de la donnée à sa surabondance. Rendant dans les deux cas son appréhension difficile : par son accès dans le premier, par le vertige de son traitement dans second.

Sa conséquence : aujourd’hui la donnée ne vaut plus rien… le marché de la data, s’est retourné dans le marketing… gageons qu’il se retournera dans le recrutement…

La valeur s’est déplacée vers les solutions permettant  de traiter des volumes de données de plus en plus considérables en temps réels… nous sommes à l’ère du sourcing augmenté…

Ce changement de paradigme n’est pas sans conséquence sur notre métier.

Si à l’époque la constitution d’un cahier de chasse de 50 noms identifiés pouvait être le résultat d’une semaine de travail pour un chargé de recherche. Il est à l’heure du scraping l’affaire de 5 minutes !!!!

Ces évolutions sont fantastique mais nous impose une veille continuelle et une capacité à remettre en cause nos savoirs et nos savoirs faire. Sans cela le budget n’est rien et ne sert à rien.